mercredi 18 février 2009

Silenced

Au moment de vous appeler, recevoir votre appel clignotant de bleu dans cette fenêtre restée muette des jours durant.
Quelle joie, quelle soulagement !

Quelle regrettable erreur. Quelle incommensurable maladresse...

Comment n'ai je pas réalisé que vous éprouveriez vous-même
suite à ce message cette terrible peine qui me terrasse. Comment ne me suis-je pas souvenu que si la parole est d'argent, le silence est d'or ?
Comment ? Pourquoi ? Quel
aveuglant égoïsme !

Au fur et à mesure des mots que nous échangeons, je réalise pétrifié l'ampleur de ma terrible bévue.
Me pardonnerez vous jamais ?
Tout ce que j'imagine alors ne ferait qu'empirer les choses. Je vous tourmente alors que je ne souhaitais que vous faire savoir combien votre absence m'est insupportablement douloureuse, que mon silence n'est pas de l'indifférence, que je brule de repartager n'importe quel moment en votre compagnie. Les mots du message, habillés d'une sobre distance, vous donne l'impression que j'ai déjà tiré le trait comme on tourne la page alors qu'il n'était qu'un pitoyable bouclier contre moi-même.
Barcelone début mars, Berlin courant juin. Moi qui secrètement souhaitais nous y évader dans l'une et l'autre. Et plus encore franchir bientôt avec vous votre trentième année.

Prenez tout le temps qu'il vous faudra pour lécher vos blessures.
Il ne sera jamais assez long pour dissiper les miennes.
Je vous aime, ne l'oubliez jamais.

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