Il y a une semaine, à cette heure ci, vous étiez encore attablés. Ensemble. Le diner achevé, le spectre de cette soirée encore tenu à l'écart, une surprenante revue empruntée dans les toilettes du restaurant Thaï sous le bras, vous décidez d'aller boire un verre dans un endroit plutôt calme.
Elle est belle. Elle est magnifique. Ses longs cheveux noirs sont coiffées de deux longues mèches qui lui encadrent le visage. Elle porte le collier, son collier, votre collier. Un gilet noir croisé sur la poitrine et retenu par une discrète épingle à nourrice souligne les formes de son entêtant décolleté.
Dehors, il fait un froid glacial. Un premier étage pour boire un verre vite quitté, une terrasse plus accueillante, couverte et chauffée, thé et chocolat, paroles et larmes silencieuses. Gouter le sel de son amour qui pleure. Plus tard y verser ton tribu. Longue et solitaire trainée saline qui te zèbre la joue.
Dehors, le froid toujours, intense. Dernier métro et les passants qui passent. Qui fuient cette nuit mauvaise qui mord à coups de gueule glacés. Plus tard, plus loin, notre Dame qui dort et le parvis, derniers témoins de vos étreintes ; puis ce parking qui l'engloutit.
Depuis, plus rien.
jeudi 12 février 2009
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