samedi 21 février 2009

Crushed

Cette fois ci c'est sûr. Nous ne soufflerons pas vos 30 bougies ensemble.
Conjuguer cette phrase au futur comme pour en atténuer la réalité, comme si le passé pouvait
encore être changé.
Entre la nuit d'hier et celle d'à présent, s'est
péniblement trainée une douloureuse journée. Une boule dans le ventre, des litres de soude dans l'estomac, de la fatigue plein les traits. Une journée au ralentie. Une journée pour un zombi.

Dès le matin. Je n'ai cessé de guetter un appel, un mot, un signe. Je me refusais à l'espérer par crainte d'être trop déçu d'y croire, pour conjurer le mauvais sort.

A déjeuner. Je déclinais poliment d'une excuse maladroite la proposition de partager ce repas pour pouvoir m'échapper immédiatement le cas échéant. Soigneusement reportés à la semaine suivante les rendez-vous de l'après-midi. Sur votre appel, ce serait école buissonnière.

L'après-midi. Pour ne pas sentir s'égrener le temps, je m'assomme de travail
sans passion dans une hyperactivité maladive. Les problèmes sont rapidement réglés, les arbitrages promptement rendus. Tout s'enchaine mécaniquement. Suspendu le temps.

Le soir. Déjà. Il faisait jour la dernière fois que j'ai regardé dehors.
Il est 21h et pas de trace de toi.
Ton absence me pèse, sensation d'oppression. Je veux serrer les dents pour retenir le tremblement incontrôlé de mes mâchoires . Trois profondes inspirations plus loin, revenue la maitrise, retombé le masque. Pour combien de temps ?

Cette nuit. T
on invocation n'aura pas eu lieu. Le génie ne sera pas sorti de sa bouteille.
Tu viens d'avoir 30 ans et je n'étais pas à tes côtés.
J'ai l'impression ce soir que rien ne sera plus désormais comme avant.

Comme s'il avait pu en être autrement...

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