jeudi 26 février 2009

Un soir moins toi

Une longue journée à ne rien attendre.
Une courte soirée à espérer.

Juste de toi la trace de l'écho de ta présence.

Un vide profond dans lequel se disloquer.

mardi 24 février 2009

Really ?

"Lost in oblivion -- dark and silent and complete.
I found freedom.
Losing
all hope was freedom."

Fight Club.

dimanche 22 février 2009

Dormir 1000 ans

Je m'en vais dormir 1000 ans au pays du soleil mourant là où les abeilles butinent les fleurs pour en faire du fiel.

samedi 21 février 2009

Crushed

Cette fois ci c'est sûr. Nous ne soufflerons pas vos 30 bougies ensemble.
Conjuguer cette phrase au futur comme pour en atténuer la réalité, comme si le passé pouvait
encore être changé.
Entre la nuit d'hier et celle d'à présent, s'est
péniblement trainée une douloureuse journée. Une boule dans le ventre, des litres de soude dans l'estomac, de la fatigue plein les traits. Une journée au ralentie. Une journée pour un zombi.

Dès le matin. Je n'ai cessé de guetter un appel, un mot, un signe. Je me refusais à l'espérer par crainte d'être trop déçu d'y croire, pour conjurer le mauvais sort.

A déjeuner. Je déclinais poliment d'une excuse maladroite la proposition de partager ce repas pour pouvoir m'échapper immédiatement le cas échéant. Soigneusement reportés à la semaine suivante les rendez-vous de l'après-midi. Sur votre appel, ce serait école buissonnière.

L'après-midi. Pour ne pas sentir s'égrener le temps, je m'assomme de travail
sans passion dans une hyperactivité maladive. Les problèmes sont rapidement réglés, les arbitrages promptement rendus. Tout s'enchaine mécaniquement. Suspendu le temps.

Le soir. Déjà. Il faisait jour la dernière fois que j'ai regardé dehors.
Il est 21h et pas de trace de toi.
Ton absence me pèse, sensation d'oppression. Je veux serrer les dents pour retenir le tremblement incontrôlé de mes mâchoires . Trois profondes inspirations plus loin, revenue la maitrise, retombé le masque. Pour combien de temps ?

Cette nuit. T
on invocation n'aura pas eu lieu. Le génie ne sera pas sorti de sa bouteille.
Tu viens d'avoir 30 ans et je n'étais pas à tes côtés.
J'ai l'impression ce soir que rien ne sera plus désormais comme avant.

Comme s'il avait pu en être autrement...

vendredi 20 février 2009

Craquelures

Après le message envoyé à tous nos amis pour rappeler aux étourdis cette journée tout particulière, j'ai reçu une avalanche de petits mots. Gentils, compatissants. Tellement qu'ils en étaient blessant, me remettant sans ménagement face à ma peine, faisant rejaillir la douleur plus vivement encore.
A chaque vibration, j'espérais y trouver l'un des tiens glissé au milieu. Tu me demandais de venir.

Sous la douche je m'aperçois que ce n'est pas le savon qui me brule les yeux mais les larmes que j'y écrase rageusement.

Like a glimpse on to the stars

Je sais, nous ne sommes pas encore demain puisque nous n'avons pas dormi.
Mais ce soir, il faudra faire exception.
Sinon le prochain lendemain sera pour moi le 21.

J'avais prévu d'arriver muni d'un magnifique bouquet.
Et
finalement...
Finalement ne pas pouvoir passer à vos côtés cette soirée de toute à l'heure, si spéciale pour vous, si importante pour moi, puisqu'il ne faut pas, puisque vous n'en aurez pas la force.

Pourtant, je ferme les yeux et imagine.

Un magnifique bouquet...
Je serais venu avec le plus beau d'entre eux. Sobre et élégant. Composé d'une seule fleur, unique. En aura-t-on jamais vu de plus belle ? De longs pétales noirs, un réceptacle doux et rosé, tacheté d'un millier d'étoiles au subtil parfum enivrant, les étamines pétillantes de malice, les sépales fendues d'un sourire espiègle.
En aura-t-on jamais vu de pareille ? Non, je ne crois pas.

Ce bouquet là, cette fleur ci, ne m'appartiennent pas, je ne puis dès lors te les offrir.

Etrange cadeau d'anniversaire.

Et par ailleurs j'ai besoin d'eux, j'en ramènerai donc l'image avec moi, j'espère que tu comprendras.

Aussi, à défaut d'un bouquet de fleurs coupées ou de cette Fleur rare et scintillante, je t'adresse mes pensées les plus douces pour ce pétale supplémentaire, pour cet anniversaire, qui fait résonner ta trentième année.

/miss you


jeudi 19 février 2009

MailLog #3

Un pétale de plus
20 février 2006 18:11

Août. Les parcs de Paris sur la fin de l'été. Des yeux qui se cherchent, des mains qui se trouvent, des lèvres qui se frôlent.
Arrive Septembre. Sur un coup de tête, 24 heures volées au temps. Londres tout entier nous appartient pendant une nuit et la journée qui suit.
Survient Octobre. Retour de 15 jours de vacances. 15 jours d'absence. Et 10 ans de bonnes résolutions qui fondent sous la douceur de la passion de cette soirée.
Novembre suit. Du sucre glace plein votre visage. Votre fou rire plus joyeux que toutes les attractions de Mickey et de ses amis. La semaine d'après, vous emmener chez moi quelques minutes le temps d’un arrêt. Vous ouvrir alors davantage que les portes de mon cœur.
Commence Décembre. Un aéroport au petit matin avec l'effervescence et la douceur de l'Asie dans mes valises. Plus tard un bord de mer au coucher du soleil, quelques vers de Baudelaire envolés dans le sable et deux ombres qui s'enlacent.
Janvier débute. La nouvelle année traversée main dans la main, cœurs à corps. Puis le soleil et la fraîcheur des montagnes enneigées, une semaine complète à partager.
Février enfin. Une Saint Valentin à la saveur sucrée de macarons La Durée. Et ce matin.

Ce matin la rose compte un pétale de plus.
Loin de se faner, elle s'épanouit. Elle resplendit.
Un pétale de plus et un peu moins d'épines.

Ce matin la rose compte un pétale de plus.
Et je me prends à rêver à d'autres matins. A d'autres pétales.
A penser à d’autres « un jour ».

mercredi 18 février 2009

Bottled

A l'instar du bon ou du mauvais génie, je retourne dans ma bouteille.
Là-bas, dans ce néant confiné, le temps y est en stase.
J'attendrai.
Vous connaissez la formule magique et secrète pour me faire réapparaitre.
Frottez la et invoquez moi.
N'importe où. N'importe quand.

/vanish

Silenced

Au moment de vous appeler, recevoir votre appel clignotant de bleu dans cette fenêtre restée muette des jours durant.
Quelle joie, quelle soulagement !

Quelle regrettable erreur. Quelle incommensurable maladresse...

Comment n'ai je pas réalisé que vous éprouveriez vous-même
suite à ce message cette terrible peine qui me terrasse. Comment ne me suis-je pas souvenu que si la parole est d'argent, le silence est d'or ?
Comment ? Pourquoi ? Quel
aveuglant égoïsme !

Au fur et à mesure des mots que nous échangeons, je réalise pétrifié l'ampleur de ma terrible bévue.
Me pardonnerez vous jamais ?
Tout ce que j'imagine alors ne ferait qu'empirer les choses. Je vous tourmente alors que je ne souhaitais que vous faire savoir combien votre absence m'est insupportablement douloureuse, que mon silence n'est pas de l'indifférence, que je brule de repartager n'importe quel moment en votre compagnie. Les mots du message, habillés d'une sobre distance, vous donne l'impression que j'ai déjà tiré le trait comme on tourne la page alors qu'il n'était qu'un pitoyable bouclier contre moi-même.
Barcelone début mars, Berlin courant juin. Moi qui secrètement souhaitais nous y évader dans l'une et l'autre. Et plus encore franchir bientôt avec vous votre trentième année.

Prenez tout le temps qu'il vous faudra pour lécher vos blessures.
Il ne sera jamais assez long pour dissiper les miennes.
Je vous aime, ne l'oubliez jamais.

Vibrations

Votre message qui tardivement répond au mien.
Précieux petit trésor qui illumine mon téléphone dans le noir de la pièce.
Doux vibrement comme un ronronnement joyeux.
Souvenirs de tant de messages guettés et au fil du temps moins espérés mais toujours autant chéris.
Pincement au coeur, serrement de gorge, serrage de dents. Longues et profondes inspirations.
Parfait. Rien n'y fait...

J'hésite à répondre à la question qu'il pose, tout à mon plaisir de gouter votre réponse.

9 minutes.
Je m'habille de mon plus beau sourire pour dissimuler le chat qui s'est installé sans permission dans ma gorge.
Pas plus fier qu'un gamin de 14 ans, allez, j'appelle...

mardi 17 février 2009

u got mail

22h33. A force de n'en plus tenir, rongé par mon frein, j'ai décidé en toute connaissance de cause de céder à la tentation pour me délivrer du mal.
Pas d'excuse donc, ni de faux semblant, un acte déraisonnable mais réfléchi.

Vous écrire.
Finalement. Enfin.

Les mots s'enchainent et se juxtaposent sans arriver à expliquer ce que j'aimerais qu'ils te racontent bien plus adroitement que moi.
L'accouchement est long et pénible mais pas plus douloureux qu'un nouveau jour de silence obstiné.
Alors, laisser venir comme cela vient. Tant pis pour les maladresses pourvu que tu les reçoivent comme elles sont nées, authentiques et sans arrière pensée.

No happy ending

Plus rien sauf le petit message que vous vous étiez promis de vous envoyer une fois arrivés à bon port.
Ce dernier message qui a fait vibrer ton téléphone. Que tu n'as pas lu tout de suite pour voir encore s'afficher son nom sur l'écran qui te brule les yeux.

Et ses 4 derniers mots :
*Good bye my love*

lundi 16 février 2009

De tant en temps

Tant de choses encore à te dire.
Tant de bêtises encore à raconter.
Tant de sourires encore à te voler.
Tant de petits mots encore dans l'écorce de ton mail à graver.
Tant de mèches de tes cheveux encore à replacer.
Tant de Goulphar encore à grimper.
Tant de coins de l'Asie encore à farfouiller.
Tant de Grands Parcs encore où aller camper.
Tant de pays encore à explorer.
Tant de mers encore à qui se confier.
Tant de parcours encore où aller golfer.
Tant de restaurants encore à s'essayer.
Tant de perles de coco encore à gouter.
Tant de combinaisons de mascarpone encore à se risquer.
Tant de breakfast-DVD tardifs encore à tes côtés.
Tant de tes affaires encore à ramasser.
Tant de petits plats encore à se mijoter.
Tant de cigarettes encore à éviter.
Tant de concerts encore à écouter.
Tant de rythmes encore sur lesquels s'abandonner.
Tant de SMS encore à se pianoter.

Tant de rendez-vous encore à se donner.
Tant de parcs encore où se prélasser.
Tant de ciels en montgolfière encore à escalader.
Tant de Meow-Graouh à s'échanger.
Tant de soleil encore à lézarder.
Tant d'autres jolies filles encore à détailler.
Tant de câlins encore à pratiquer.
Tant de gratouilles encore à quémander.
Tant d'étoiles encore allongés dans l'herbe nocturne à contempler.
Tant de complicité encore à ton oreilles glisser.
Tant de sourires encore à tes yeux murmurer.
Tant de caresses encore à t'essayer.
Tant de fois encore tes formes esquisser.
Tant de fois ta langue encore à capturer.
Tant de baisers encore pour s'enflammer.
Tant de fois encore ton nombril à embrasser.
Tant de fois ton mamelon encore à embraser.
Tant de fois encore ta source de jouvence où s'abreuver.
Tant de fois encore de ta saveur s'enivrer.
Tant de fois encore en toi fusionner.
Tant de fois encore ton sein contre lequel se reposer.
Tant de fois tes dragons encore sur ta peau dessiner.
Tant de refrains encore à se fredonner.
Tant de soupirs encore à exulter.
Tant de silences encore à partager.
Tant encore de moments Bleus à se saupoudrer.
Tant de fois tes gouttes de soleil encore à compter. Encore. Et encore. Et encore.

Temps enfin de vous appeler ?

De tant en temps, j'hésite sur la marche à suivre comme on tâtonne dans le noir, trébuchant sur
ces souvenirs qui ne seront plus, perdu.

dimanche 15 février 2009

/slreamp

Comment vas-tu ? Que fais-tu ? Où es-tu ?
Je guette tous les échos numériques de ta présence. Je tente de les décoder, de leur donner un sens.

Je me rassure en te voyant levée. Je n'accepte le sommeil qu'en te savant rentrée.
Je m'inquiète, je m'interroge, je me rassure.

Le silence radio que nous nous imposons est une torture plus pernicieuse que ce à quoi je m'attendais.
Je regarde mon téléphone des minutes durant en tentant d'imaginer comment tu te sens.
J'hésite à effacer ton numéro du répertoire, pour éviter toute gaffe si le contrôle venait à m'échapper. Évidemment je n'en fais rien.
Ma messagerie instantanée attire inexorablement mon regard. Je sursaute ! Une fenêtre de conversation à ton nom est à l'écran... Après quelques secondes d'affolement, réaliser qu'il s'agit de celle que j'ai ouverte quelques minutes plus tôt pour y voir ta photo et qui reparait après en avoir fermé une autre l'ayant dissimulée.
A travers les réseaux sociaux, je t'envoie des signaux de ma présence, espérant que tu les guettes aussi. "Tu vois, je suis là..." te murmurent-ils.
J'aimerai pouvoir t'apporter un réconfort que je ne suis plus en mesure de t'offrir. Il est encore sans doute trop tôt. Quand sera-t-il temps ? Comment le saurons-nous ? Qui contactera l'autre en premier ? Que nous dirons-nous ?

Pour l'instant j'observe un silence forcé, un mutisme nécessaire.
Les signaux de fumée de nos status respectifs qui gagnent le ciel au fur et à mesure des journées sont déjà une bouée suffisante à laquelle se raccrocher pour ne pas sombrer.

Dimanche, 01:40. Te voila rentrée semble-t-il.
Douce nuit tendre vous.
/hug
/slreamp

samedi 14 février 2009

Chronoposted

10:58.
Trois longues sonneries me tirent du sommeil qui avait fini par m'assommer.
Trois longues sonneries. Insistance.

Les yeux dans le brouillard je signe une feuille au hasard.
La tête farcie de vide, j'ai du mal à m'orienter. Je suis dans mon entrée, la porte claque, je prends conscience que j'ai
dans les mains un paquet inconnu.

- "Je te l'enverrai par la poste"
Un bout de conversation me revient. Terrasse du Père Fouettard, 9 jours plus tôt,
le soir.
Afflux de sang, la tête bourdonne,
dans un silence absolu tout disparait autour de moi.
- "Je te l'enverrai par la poste"

Envers et contre tout, la boite à trésor n'a pas dit son dernier mot et c'est presque religieusement que je t'accueille chez moi comme si tu étais là.

My bloody Valentine







Losing my mind, one sleepless hour at a time

You collapse drowsy
I pull you up to me
Our fingers are grazing
It seems you want me

Dawn’s taking me away from...
From you
From you

Lying on the sofa, we cannot feel time passing
It seems no word will explain it
Norway voices are surrounding us
And the next bus will lead me far from you

It’s the way I feel one sleepless night
With you
With you


One Sleepless Night
Yules - The Release (2007)


vendredi 13 février 2009

MailLog #2

Alone in the dark
26 janvier 2006 02:24

Vous voila partie.

Allongée. Couchée. Sans doute même à présent endormie.

Je rebondis de souvenirs en pensées.
Vous me manquez.

Je m'arrête, regarde autour de moi, vous n'êtes pas là.
Vous me manquez.

Je pense à ce soir, je rêve de demain, je me souviens d'hier.
Vous me manquez.

Les rendez-vous dans les parcs, les escalators en tout sens à Londres, les mots gravés dans le sable et les coquillages sur la plage, le soleil et la neige fourrés dans vos cheveux, un lit défait dans une chambre en désordre, un Botticelli accroché au mur d'un loft de 700m², une bonne croute à regarder au fond d'un canapé.
Vous me manquez.

L'odeur de noix de Saint Jacques qui dorent dans la poile, la saveur nouvelle de pousses d'épinard et de vinaigre balsamique, un improbable fromage anglais qui prend tout son goût mis au frigo, la couleur mielleuse de pancakes au petit déjeuner.
Vous me manquez.

Les sanglots joyeux d'un fou rire irrépressible, une moue malicieuse et un froncement de sourcils taquin, un sourire carnassier et une bouche prête à croquer, un mètre de cheveux et l'autorisation exclusive d'y toucher.
Vous me manquez.

Des déclarations camouflées dans l'envoi de chansons, des mots qui hésitent à trouver leur précision, les langues qui finalement se délient, des mains qui se trouvent et des doigts qui s'accrochent.
Vous me manquez.

One week‏

Une semaine, comme un gouffre de néant, dont il ne reste rien
La nuit du 5 aurait pu se poursuivre et se fondre dans le petit matin du 13 que rien n'aurait été différent.
Une semaine de vide abyssal
.

S'immoler dans cette absence de tout.

jeudi 12 février 2009

Petite mort

Il y a une semaine, à cette heure ci, vous étiez encore attablés. Ensemble. Le diner achevé, le spectre de cette soirée encore tenu à l'écart, une surprenante revue empruntée dans les toilettes du restaurant Thaï sous le bras, vous décidez d'aller boire un verre dans un endroit plutôt calme.
Elle est belle. Elle est magnifique. Ses longs cheveux noirs sont coiffées de deux longues mèches qui lui encadrent le visage. Elle porte le collier, son collier, votre collier. Un gilet noir croisé sur la poitrine et retenu par une discrète épingle à nourrice souligne les formes de son entêtant décolleté.
Dehors, il fait un froid glacial. Un premier étage pour boire un verre vite quitté, une terrasse plus accueillante, couverte et chauffée, thé et chocolat, paroles et larmes silencieuses. Gouter le sel de son amour qui pleure. Plus tard y verser ton tribu. Longue et solitaire trainée saline qui te zèbre la joue.
Dehors, le froid toujours, intense. Dernier métro et les passants qui passent. Qui fuient cette nuit mauvaise qui mord à coups de gueule glacés. Plus tard, plus loin, notre Dame qui dort et le parvis, derniers témoins de vos étreintes ; puis ce parking qui l'engloutit.

Depuis, plus rien.

MailLog #1

A peine plus loin que demain
22 juillet 2006 08:42

Avec cette chaleur déjà très matinale qui ne décolère pas,
Me glisser le coeur battant dans l'intimité de votre mail,
Allonger quelques mots auprès de votre oreille,
Murmurer autant de caresses que nos peaux voudront s'en imprégner,
Et doucement, tendrement, effleurer votre front, vos paupières closes, le creux de votre cou, vos taches de rousseur - toutes, une à une, le sommet de vos épaules, le creux de vos bras, votre ventre si doux, la naissance de vos jambes et toute leur longueur, le bout de vos pieds et la pointe de vos lèvres d'un long baiser vêtu de frais.

Au revoir ma belle endormie.
A très vite.

mercredi 11 février 2009

Moins-que-parfait du subjectif

Je relis nos petits mots échangés au fil des jours, des semaines, des mois et des années.
Autant de petits trésors tendrement conservés.

Je repense à toutes ces choses qui ont jalonnées ces un peu plus de 3 années. Qui les ont rythmées. Qui les ont ensoleillées, baignées d'un Bleu immaculé.
Je repasse ces souvenirs inlassablement, les uns évoquant les autres successivement, jusqu'à en avoir le tournis.

J'imagine ces souvenirs d'un futur qui ne sera plus et les considère aussi précieusement que ceux qui furent.
Les "on aurait pu" qui étaient encore il y a peu des "on fera" rejoignent les "on a fait". Ce ne sont toutefois pas des regrets.
Ni des remords.
Précautionneusement, j'enferme dans ma boite à trésor la richesse de leur promesse d'alors.
Ce qui aurait pu être devenant aussi précieux que ce qui a été.
Même inachevée, notre histoire est ainsi complète.

mardi 10 février 2009

Six Feet Under

Faire le deuil de sentiments enterrés vivants.
Tenter de les enfouir profondément.
Secrètement espérer qu'un jour ils jailliront de leur tombe pour venir
la Fleurir avec tendresse.

lundi 9 février 2009

Rainy days

Dehors le temps pleure sans bruit comme il pleut dans mon coeur.
Des larmes tristes, grises et froides.
Des larmes dures, lourdes et sourdes.

dimanche 8 février 2009

Conjugaisons‏

Pour la circonstance, inventer de nouvelles conjugaisons.
Me forcer à décliner le présent au futur simple imparfait. Cela était, cela sera encore mais pour l'instant mettre le présent entre parenthèse.
Le futur à la forme négative. Peut-être au conditionnel présent de pouvoir sinon à celui du passé.
Le passé avec une infinie tendresse.

Le présent au futur simple imparfait.
Le futur à la forme négative.
M'efforcer de.

samedi 7 février 2009

Mort froid noyé

Tout l'après-midi se noyer de gens.
Tenter de se vider l'esprit, essayer de deviner ce qui habite le leur, pour ne pas que le barrage cède à la première pression, dès la première hésitation.

Tout l'après-midi arpenter les rues de Paris.
Celles de ce quartier qui sera devenu le notre.
Marcher dans le froid glacial. Ce froid qui me saisit, qui me transit, qui m'anesthésie.

Poing Final

Il neige à grosses goutes dehors.
Au dedans aussi.
Des flocons gros comme des poings. Dans le ventre.
Malgré la douleur, j'ai l'impression que tout est ouaté.
J'entends les sons moins fort, étouffés, distants. Leur résonance est sourde. J'ai peut-être touché le fond de la piscine. Les couleurs sont moins vives. Le temps passe d'une étrange manière. Je le sens s'écouler à mon estomac qui se tord. Qui se tend de faim aussi. Je n'ai pourtant rien envie de manger. J'ai dans la bouche
un gout dont je ne peux me défaire. Gout de sang, gout de sel, gout de fiel.

Il neige à grosses goutes dehors.
Au dedans aussi.
Des larmes lourdes comme des coups. Dans le ventre.

vendredi 6 février 2009

Smell of kisses

J'ai l'odeur de ses baisers sur les doigts, parfumés de cigarette.
Pour la première fois cette odeur devient parfum.
La plus possible je la retiens.
Je la retiens comme on retient son souffle.
Je m'en gorge à m'en faire éclater les poumons.

J'ai l'odeur de ses baisers sur les doigts, parfumés de cigarette.

Les derniers.

Message in a Bottle

Pourquoi livrer à la nuée ce que l'on voudrait alors garder pour soi ?
Pour être lu c
ertainement.
Forcément.
Lorsqu'il sera temps.

Par un être en particulier.

Rien n'est spécialement dérangeant ici, toutefois se savoir être lu par des amis ou des proches induit une certaine écriture, une retenue, une autocensure que je ne souhaite pas.

Je me glisse donc dans l'anonymat de la multitude.

En espérant que les aléas des courants lui porteront ces messages.

Comme une bouteille à la mer.