dimanche 28 juin 2009

Le Chêne et le Roseau

Serrer les dents.
Plier sous la tempête de rage pour ne pas être brisé net.
Se faire violence pour ne pas céder à la colère.

Un bouquet de fleurs rouges qui déjà se fane.
Un livre fort lourd empaqueté de la fraicheur de vingt deux printemps d'anniversaire mais resté orphelin.
Un petit mot qui venait du coeur et qui se perd dans le silence.
Des fringues que j'avais bêtement été acheter pour l'occasion.
Un concert que j'ai refusé préférant être entouré de ces amis là.
Ces amis là...
Cette amie là qui m'avait si spontanément convié et que j'ai l'impression de trahir en tolérant cette mascarade.
Faire demi tour à moins de dix minutes de ma destination.

Longues et lentes inspirations, le regard planté dans le miroir, un reflet me dévisage dans la glace.
Je ne sais plus ce que je vois, j'entends juste mon coeur qui se révolte dans ma poitrine.

Ton univers.

Il t'aurait suffit de m'appeler plutôt que de laisser ce pauvre malheureux s'empêtrer avec ses artifices de bonimenteur maladroit.

Ton univers je n'ai aucune intention de te le ravir, de t'en vicier l'air ou de d'y élire domicile.
Je pensais avoir fait des rencontres qui méritaient d'être prolongées malgré ce qui à présent nous sépare.
Il n'était pas question de faire prendre parti, de gagner des soutiens, de t'aliéner des amis. Ce vieux démon, tu le traines depuis longtemps
déjà, de manière incompréhensible tu étais jalouse. Notre situation n'en aura manifestement qu'amplifié l'emprise, j'espère que te voila rassurée.

Refuser ce sentiment qui n'appellerait qu'à la vengeance. Oeil pour oeil, dent pour dent.
Mais qui châtier ? Quel coupable ?
Juste une bande de copains qui prend plaisir à se revoir et qui n'a pas envie de se quitter pour une sombre histoire qui lui est étrangère.

Tu peux être dure mais je ne te crois pas méchante, s'il faut prendre davantage de recul encore, s'il faut laisser plus d'espace au temps, essayons. Sinon autant faire de même pour au final disparaitre complètement.
Tu m'es quelqu'un de précieux et j'espère que nos routes se recroiseront paisiblement.
Je n'ai jamais voulu de conflit entre nous. Je n'ai jamais voulu te blesser. Bien au contraire. Tout au contraire.
Bien que tu ne veuilles l'accepter c'est dans cela que réside les vraies raisons de notre séparation.

Ton univers.
C'est vrai qu'il me manque. C'est bête. C'est dur à reconnaitre. Tes parents, ton frère, ta tante, son homme de la mer arquebouté sur son ile, ... Pas que je n'ai pas la famille ou les amis qu'il me faut, simplement des personnes que j'ai pris plaisir à rencontrer et dont il est difficile de se retrouver écarter. Et puis dans ton univers il y a toi forcément. Ta façon de voir le monde tes sourires, tes silences, ...

Ton univers t'a toujours appartenu, avec ou sans moi.
Tu en as juste douté.
Mais cela ne justifiait pas cette frustration et cette injustice. Je serais passé une heure en début de festivité, aurais embrassé la reine de la soirée, déposé mon paquet et fuit avant que notre passé ne se conjugue au présent.

Et puis sans déconner, p
utain de bordel de merde, c'est quand même toi qui aurait du m'appeler.

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