Fallait-il que cela soit une surprise ?
Les indices de ces derniers jours ne laissaient pourtant pas beaucoup d'espoir.
Pourtant la surprise est de taille lorsque je trouve ce message de vous. Le premier en presque 3 mois.
Combien de fois ai-je scruté le contenu de mes boites aux lettres, réelle ou virtuelles en espérant cette trace de vous ? Combien de nuits suis-je resté éveillé au cas où ?
De longues minutes qui passent à observer ce message sans l'ouvrir, l'apprécier comme un trésor ou comme un poison redouter son contenu.
Cela en devient ridicule, tellement, que cela m'agace ; putain, ce n'est plus comme si j'avais encore 13 ans !
Alors presque de rage contre ce comportement infantile, je l'ouvre et le lis sans crier gare. Bien fait pour moi.
Si le début de votre message est plutôt neutre, la froideur de la seconde partie ne laisse pourtant aucun doute.
"Au passage...", qui sonne comme "puisque j'en suis venue à reprendre contact, profitons en dans un acte de charité"
"je te signale...", "puisque tu es soit aveugle soit trop idiot pour t'en rendre compte par toi-même"
"arrêter...", "une fois ça va, mais bon y'a des limites au mauvais goût"
"solliciter...", "c'est vrai quoi, tu fais la manche ou quoi ?"
"les pré-cités...", odeur de sentence de tribunal, "accusé levez-vous"
"aucune envie...", "des fois que tu te fasses encore des idées"
"fréquenter...". qui a le relent des "mauvaises fréquentations de ton espèce"
D'abord rien. Le néant. Juste un bruit sourd dans les oreilles et mon environnement qui se soustrait à ma vue. L'abattement absolu.
Plus tard je ressens comme des fourmis dans ma tête, important afflux de sang dans le cerveau, elle pèse une tonne et se soulage en vidant une larme brulante contre mon poing et mon œil. Je refuse de céder. Sombre crétin, à quoi pouvais-tu t'attendre d'autre ? Romantique désuet et incapable ! Mille sentiments différents me submergent dont certains dont je me défais immédiatement.
Je veux bien me battre avec vous.
Je veux bien me battre pour vous.
Mais pas contre vous.
Ou alors, comme aurait dit Sacha Guitry "tout contre", mais nous n'en serons vraisemblablement plus jamais là n'est-ce pas ?
Je ne sais plus trop ce que je ressens.
Un vide immense, un gouffre plus béant que celui dans lequel je m'étais déjà abîmé.
Laisser passer cette nuit, et combien d'autres encore, puis viendra le temps de sobrement vous répondre en gardant en tête combien je vous aime, en respectant nos blessures respectives.
Toute cette rage sourde que je ressens, que je devine en vous... Quelle idée vous faites vous de moi ?
lundi 8 juin 2009
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