vendredi 15 mai 2009

Equilibrium

Comme le funambule, je tente de ne pas tomber de mon fil.
Comme l'équilibriste, je tente de ne pas filer dans la tombe.

Des jours, des semaines, des mois à présent que je me prépare à la rafale qui vous arrachera à moi et me précipitera à bas.
A moins que je ne parvienne au bout de ma course avant que la tempête ne se lève ?
Petit à petit, pas à pas, j'avance, glissant prudemment un pied devant l'autre le long de cette voie dont je n'aperçois aucune issue, aucun échappatoire. Pris au piège je ne parviens qu'à me perdre d'avantage et à sombrer plus profondément encore.

Durant la lente agonie de ma progression, je songe, funambule somnambule, que nos lignes à présent parallèles se croisent de nouveau, que leur jonction fait naitre une nouvelle étoile ; nous nous attrapons la main et nous lançons ensemble dans le vide. A l'aventure.
Puis la froide et blafarde réalité d'un quotidien emplit de rien se réinsinue insidieusement le long de mon échine et ternit inexorablement jusqu'à mes sursauts d'orgueil. Seul reste intact le souvenir, ni embelli, ni romancé, ni diminué, joyau intact où se perd ma mémoire de trop vous y aimer.

Je me prépare des heures plus sombres et glacées que celles que je n'arrive déjà péniblement à surmonter.
Le manque est un poison inguérissable.
Le manque est un poison qui flétrit.
Le manque est un poison qui détruit.
Le manque.
Le manque.
Le manque.
Le manque.
Le manque.
Le manque.
Le manque.
Le manque

de vous.
Il n'y avait qu'un seul remède mais je l'ai laissé filer.

Pour l'instant continuer de gérer au jour le jour, à la nuit la nuit ; se raccrocher du bout des pieds le long du fil du glacier. Fermer les yeux quelques instants et songer de nouveau pour éviter la chute.
Equilibrium.

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