02 mars, 6h45. Arrivée aéroport Charles de Gaulle, Terminal 2F.
Le taxi vient de me déposer. Je vous cherche. Dans les boutiques, aux comptoirs des cafés, dans les halls d'accueil.
Déjà en arrivant je guettais votre voiture le long des voies d'accès.
6h55. Enregistrement, départ porte 23F par navette à 7h05. Billet à la main j'avance à reculons, espérant un indice. Votre mètre de cheveux noirs, l'effluve de votre parfum qui n'en est pas un, la myriade d'étoiles qui vous illumine le visage, le son de votre pas. Le moment de franchir la sécurité pour embarquer. Attendre le dernier moment. Peut-être venez vous d'arriver ? Vous laisser le temps d'apparaitre. Il est à présent temps de passer, temps de partir. Je tends mon passeport et ma carte d'embarquement tout en ne pouvant retenir les regards que je jette en arrière. Peut-être avez vous été retardée ? J'espère ce moment de Bleu, de Magie improbable, tellement improbable que je ne peux m'empêcher d'y croire, d'être certain qu'il se produira. Mécaniquement, le regard absent, une boule indéglutissable dans la gorge, je ramasse ceinture, téléphone et clé dans les paniers de plastique blanc qui roulent sur le tapis. Un dernier coup d'oeil me projette de l'autre côté du sas. Vous avez peut-être été retardée...
7h22. Une vibration parcourt mon téléphone, court frisson électronique qui me remonte le long de la colonne vertébrale. Se pourrait-il que ce soit vous ? 7h27, il reste 18 minutes avant le décollage, 18 minutes à secrètement espérer. Peut-être avez-vous été retardée ?
8h06. Nous décollons finalement. Muselé, mon téléphone restera muet jusqu'à l'arrivée. Bientôt nous crevons le ciel de nuages, le soleil, lumière et chaleur.
02 mars, 9h37. Belt 40, aéroport international de Barcelone.
Je regarde défiler le cortège des bagages qui serpent tout autour de moi. Je me demande quelles histoires ils transportent, quelle a été et quelle sera celle de leurs propriétaires. Le coeur fébrile je résiste à grand peine à vous envoyer un "/landed" pour vous donner des nouvelles.
02 mars, 22h48. Hôtel Ritz Carlton sur le port Olympique, chambre 912.
Epuisé, les vêtements jetés aux quatre vents, je joue avec la chaîne Bang & Olufsen allongé sur ce lit aux dimensions improbables. Ma main s'attarde sur mon ventre. Et toi t'arrive-t-il de penser à moi quand tu te caresses ? Les chaînes de video à la demande me suggèrent "Pleasures of the Flesh" ou ""Bisexual 4somes8". Plus tard noyer mon autosexualité dans un bain d'eau bouillante aux proportions gigantesques.
03 mars, 17h04.
"Alors nous nous sommes séparés comme déjà saturés des délices du futur et j'ai marché seul, guidé par ton ombre, j'ai traversé la ville déserte encore étincelante du voyage des rêveurs."
Sa longue langue dorée m'accueille avec un sourire parfumé de frais. Le sable fredonne sous mes pas. Tristes le sourire et le doux froufrou. La plage me contemple avec mélancolie. Si j'en remonte le court en me perdant au loin, si je remonte le long de l'année écoulée, je nous trouverai en train de déjeuner attablés à la terrasse de ce restaurant qui nous aura régalé de sa paëlla.
Je voulais voir la mer et j'y suis, bien planté devant, face à face, pour la voir bien au fond des yeux. La mer. Mais pas de soleil. Le murmure des vagues. Mais pas votre main pour y glisser la mienne. Le sable fin. Mais pas le Bleu.
Je voulais voir la mer et j'y suis, le coeur plein de rage et le désir au ventre. A mon corps défendant, je verse mon tribu à son immensité salée.
03 mars, 19h36. Aéroport de Barcelone.
Assis après avoir déambulé près d'une heure dans l'aéroport j'attends le vol qui me ramènera à Paris, je m'interroge. J'ai beau tout faire pour éviter d'y penser, rien n'y fait, le lieu me ramène une fois encore un an en arrière. Nous étions alors rentrés de notre escapade barcelonaise chacun sur un vol différent mais pour nous retrouver très vite ensuite. Ce soir j'évite de lever la tête pour ne pas te chercher parmi les autres passagers. Je m'interroge. Pour l'instant les réseaux sociaux font encore état de notre couple malgré les états d'âme que nous y glissons. Je m'interroge. Quand viendra le temps où tu choisiras d'en effacer la trace ? Je m'interroge et cela me terrifie.
jeudi 5 mars 2009
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire